Lors de son discours relatif à la modernisation des politiques publiques et à la réforme de l’Etat prononcé ce vendredi 04 avril, le Président SARKOZY a annoncé qu’il supprimerait le supplément de pension dont bénéficient les fonctionnaires d’Etat qui vont dans les territoires d’outre mer pour prendre leur retraite.
D’une manière générale, je déplore les objectifs d’une telle une mesure, réelle coupe budgétaire faite par le Président SARKOZY pour régler une partie de la douloureuse facture du paquet fiscal - environ 17 milliards par an, près de 100 milliards sur 5 ans -.
Je regrette l’absence de concertation avec les différents acteurs politiques, économiques ou sociaux avant la prise d’une telle décision.
En effet, j’estime que si ce dispositif méritait d’être évalué et que les abus qu’il a engendré devait être corrigés, sa suppression sans discernement aura pour conséquence immédiate d’une part un nouvel affaiblissement du pouvoir d’achat des bénéficiaires, qui ne sont pas que des fonctionnaires métropolitains profitant de l’effet d’aubaine. Plusieurs Réunionnais bénéficient également de ce dispositif. Il convient donc que cette suppression n’affecte pas le niveau de pension des fonctionnaires retraités réunionais qui en bénéficient et se limite aux fonctionnaires originaires d’autres territoires sans aucun lien avec le territoire et ne profitant que de l’effet d’aubaine.
D’autre part, la remise en cause de cet avantage risque de détourner de notre économie des capitaux qui étaient destinés soit à l’investissement soit à la consommation.
En outre, à l’heure où le projet de loi de programme peine à trouver des sources de financement, je regrette que le Président SARKOZY n’ait prévu aucun mécanisme global destiné à compenser les effets sur notre économie de cette suppression en terme d’investissement dans les infrastructures, de réduction des inégalités avec la métropole ou de soutien à des secteurs, comme celui du bâtiment déjà fortement touché par la remise en cause des dispositifs de défiscalisation.